FRANK ZAPPA ET SUGAR BLUE 1978
En 1978, Frank Zappa posait ses amplis à Paris pour une série de concerts. Évidemment, j’étais dans la fosse, boîtier en main.
En 1978, Frank Zappa posait ses amplis à Paris pour une série de concerts. Évidemment, j’étais dans la fosse, boîtier en main.
À cette époque, pour obtenir une véritable gamme de gris dans les eclairages de concert tres violents, il fallait avoir des astuces : j’utilisais le film Kodak Recording 2475, que je poussais à 3000, voire 4000 ASA, avant de le développer moi-même avec un révélateur très particulier. Le résultat ? Un grain affirmé, une esthétique brute et surtout une palette de gris d'une richesse incomparable, qu'il était impossible d'obtenir avec de la Tri-X ou des films Ilford, qui ne pouvaient pas être poussés si loin.
Mais le véritable instant de grâce est né d'un problème technique.
Pendant le show, mon film se coince dans le boîtier. Alors que je me débattais avec la pellicule, j'ai senti un regard. Je lève les yeux : Zappa me fixait intensément depuis la scène, accompagnant ses propos de remarques qui faisaient rire la foule autour de moi. Comprenant que son attention était braquée sur moi, j'ai attrapé mon second boîtier et j'ai immortalisé cet instant.
Une partie de ces clichés a été publiée plus tard dans les pages de Rock & Folk (n° 181, février 1982). Mais d'autres sont restées dans l'ombre pendant des décennies, notamment les quelques photos prises lorsque l'harmoniciste Sugar Blue est venu le rejoindre sur scène. À l'époque, je ne le connaissais pas et j'avais complètement « zappé » ces images, c'est le cas de le dire.
Quarante ans plus tard, ces photographies ont servi de base à une série de peintures, dont quelques-unes sont aujourd'hui accrochées chez des collectionneurs.
Earth, Wind & Fire
Lorsque j’ai appris qu’Earth, Wind & Fire était à Paris, j’ai foncé chez leur maison de disques pour obtenir un pass photo. Refus catégorique. On me ferme la porte au nez sous un prétexte quelconque. Qu'à cela ne tienne. Sachant le groupe logé au Concorde Lafayette, je décide de m'y installer.
Du Concorde Lafayette à la scène de Wembley
Lorsque j’ai appris qu’Earth, Wind & Fire était à Paris, j’ai foncé chez leur maison de disques pour obtenir un pass photo. Refus catégorique. On me ferme la porte au nez sous un prétexte quelconque.
Qu'à cela ne tienne. Sachant le groupe logé au Concorde Lafayette, je décide de m'y installer. Pendant trois jours, je squatte le lobby. Dès qu'un musicien ou un technicien passe, j'engage la conversation, je tire quelques portraits... Petit à petit, la magie opère : la bande m'adopte et m'invite au concert.
Quel bonheur, le soir venu, de croiser le regard médusé du responsable de la maison de disques ! Il me regarde franchir tous les barrages de sécurité un à un, alors que lui reste bloqué derrière les barrières qui mènent derriere la scene.
Après le show, direction Joe Allen aux Halles, leur cantine parisienne. L'aventure aurait pu s'arrêter là, mais le groupe me lance alors une invitation : traverser la Manche avec eux pour leur concert à la Wembley Arena.
À Wembley, le rêve continue. J'ai quartier libre en backstage et, privilège ultime, je suis le seul photographe autorisé dans le pit pendant tout le concert — au grand dam d'un service d'ordre britannique passablement furieux de voir que c’est un français à cette place !
Après le concert, la fête se prolonge. Alors que je rentre à la soirée, Monty White me glisse simplement avec un clin d'œil : « Enjoy yourself! »
Il y aurait encore tant à raconter sur ces jours hors du temps, mais un blog demande d'aller à l'essentiel. À l'époque, je n'avais pas d'agence, et les photos prises durant cette folle traversée n'ont jamais été publiées. Elles sont restées là, préservées, attendant le moment venu pour refaire surface.
PREMIERS DECLICS (1968)
Jimi Hendrix Experience
Jeune adolescent, mon père m’avait transmis son boîtier : un Focaflex 24×36. Chargé ou vide, je ne me lassais pas du déclenchement. Ce simple « clic-clac » me fascinait déjà.
Un soir, embarqué par une bande d'aînés qui connaissaient les coulisses du spectacle, je me suis retrouvé à l’Olympia. Sur scène : The Jimi Hendrix Experience.
Si le fil exact des événements s'est un peu estompé, une certitude demeure : j'avais chargé une pellicule Tri-X dans l'appareil. Les rares clichés retrouvés des années plus tard sont devenus le point de départ d'une autre mémoire. Une mémoire faite d'ombres, de lumière et d'argentique dans laquelle je replonge aujourd’hui, et que je m’apprête à vous dévoiler.
Les Contes de la Montagne
À la même époque, mon père s’était lié d’amitié avec l’un des derniers bergers de la vallée des Trois-Évêchés, près de son chalet de La Foux d’Allos. Un jour, il me demanda de l’immortaliser avec l'homme et ses moutons dans ce paysage de montagnes.
L’un de ces clichés devint la pochette de son album, Les Contes de la montagne pour les enfants de la plaine.
Voir ma photo imprimée pour la toute première fois fut une révélation. Entre la fierté de la publication et la magie de l’image retenue, mon amour pour la photographie argentique venait de naître pour de bon.