STEPHANE . STEPHANE .

Iggy Pop 1979

Pendant de nombreuses années, j’ai photographié la musique — du rock le plus brut à la musique classique. Jamais sur commande, toujours guidé par la passion. Dans l'intimité du laboratoire, je développais mes films et réalisais mes propres tirages avant d'aller les proposer aux magazines spécialisés.

Fun House a toujours occupé une place particulière pour moi. Au-delà du monument qu'il représente dans la discographie des Stooges, cet album reste viscéralement lié à mon adolescence et à mes souvenirs de 1970, partagés avec Olivier Legrand et son frère Benjamin Legrand.

J'ai eu l'occasion de photographier Iggy Pop à deux reprises : au Palace et à Pantin. De ces concerts, me reste le souvenir spectaculaire d'Iggy escaladant le mur d’amplificateurs pour se suspendre dans une demi-bulle transparente. La tête en bas, il continuait de chanter sans faiblir, porté par le solo de Jackie Clark — une attaque incisive, directe et tendue, parfaitement ajustée au rythme puissant insufflé par Glen Matlock, Scott Thurston et Klaus Krüger.

Pourtant, les films ne portent aucune annotation, aucun repère. Impossible de déterminer avec certitude dans quelle salle ni lors de quel concert exact a été prise cette image originale, celle-là même qui est devenue la matière première d'une série de quatre peintures.

Quatre variations, quatre pièces uniques qui, pour l'instant, attendent encore d'être adoptées.

Acrylique et transfert d’image sur toile 90 × 90 cm

Acrylique et transfert d’image sur toile 90 × 90 cm

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FRANK ZAPPA ET SUGAR BLUE 1978

En 1978, Frank Zappa posait ses amplis à Paris pour une série de concerts. Évidemment, j’étais dans la fosse, boîtier en main.

En 1978, Frank Zappa posait ses amplis à Paris pour une série de concerts. Évidemment, j’étais dans la fosse, boîtier en main.

À cette époque, pour obtenir une véritable gamme de gris dans les eclairages de concert tres violents, il fallait avoir des astuces : j’utilisais le film Kodak Recording 2475, que je poussais à 3000, voire 4000 ASA, avant de le développer moi-même avec un révélateur très particulier. Le résultat ? Un grain affirmé, une esthétique brute et surtout une palette de gris d'une richesse incomparable, qu'il était impossible d'obtenir avec de la Tri-X ou des films Ilford, qui ne pouvaient pas être poussés si loin.

Mais le véritable instant de grâce est né d'un problème technique.

Pendant le show, mon film se coince dans le boîtier. Alors que je me débattais avec la pellicule, j'ai senti un regard. Je lève les yeux : Zappa me fixait intensément depuis la scène, accompagnant ses propos de remarques qui faisaient rire la foule autour de moi. Comprenant que son attention était braquée sur moi, j'ai attrapé mon second boîtier et j'ai immortalisé cet instant.

Une partie de ces clichés a été publiée plus tard dans les pages de Rock & Folk (n° 181, février 1982). Mais d'autres sont restées dans l'ombre pendant des décennies, notamment les quelques photos prises lorsque l'harmoniciste Sugar Blue est venu le rejoindre sur scène.

Quarante ans plus tard, ces photographies ont servi de base à une série de peintures, dont quelques-unes sont aujourd'hui accrochées chez des collectionneurs.

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