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CLINT EASTWOOD (1985)

Janvier 1985. La rumeur court que Clint Eastwood est chez Maxim’s pour la promotion de son film Pale Rider. J'attrape mes boîtiers et je fonce rue Royale.

La pluie glacée de janvier

Janvier 1985. La rumeur court que Clint Eastwood est chez Maxim’s pour la promotion de son film Pale Rider. J'attrape mes boîtiers et je fonce rue Royale.

Sur place, il fait un froid glacial sous une petite pluie. Nous sommes quatre photographes sur le trottoir à tenter de rentrer, mais l’équipe entourant l’acteur et le service de sécurité sont catégoriques : la soirée est strictly privée, aucun objectif ne franchira la porte. Alors nous attendons. Une heure, deux heures... sous un crachin glacé. Mais un photographe n'aime pas renoncer.

Au bout de trois heures, je suis désormais seul. Mes confrères, gelés et découragés, ont jeté l’éponge. Je n’ai rien à perdre : il m’a fallu une heure de trajet pour venir, le dernier métro est passé et je suis bon pour rentrer chez moi en taxi. Alors j’attends.

Soudain, la lourde porte de Maxim’s s'entrouvre. L'attachée de presse pointe le bout de son nez, un peu affolée. Apercevant le seul photographe congelé, elle me fait signe d'entrer à toute vitesse : « En revanche, je ne peux pas vous payer », prévient-elle.

Je n’ai pas envie de discuter : j'ai le champ libre et je suis au chaud.

Je ne l'ai compris que plus tard : si on m'avait ouvert cette porte en trombe, c'est uniquement parce que Clint Eastwood, agacé de ne voir aucun photographe pour immortaliser sa soirée, avait exigé qu'on trouve quelqu'un.

Clint Eastwood en prise avec un billet de 50 francs

Le regard de Clint Eastwood

Le lendemain, au Palais de Chaillot, Clint Eastwood est accueilli par Costa-Gavras, alors directeur de la Cinémathèque. C’est loin d’être une visite privée. La meute des photographes est là, et chaque mouvement de l'acteur déclenche une tempête de flashs crépitants et aveuglants.

Clint Eastwood semble vraiment gêné par ce pilonnage lumineux. J'éteins alors mon flash. Profitant des rares moments de répit entre deux rafales, je cherche son regard. Remarquant que je travaille en lumière naturelle, il se tourne vers moi et joue avec mon objectif en m'offrant des expressions authentiques.

C'est dans l'un de ces instants de calme complice que cette photo a été prise.

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PREMIERS DECLICS (1968)

Jimi Hendrix Experience

Jeune adolescent, mon père m’avait transmis son boîtier : un Focaflex 24×36. Chargé ou vide, je ne me lassais pas du déclenchement. Ce simple « clic-clac » me fascinait déjà.

Un soir, embarqué par une bande d'aînés qui connaissaient les coulisses du spectacle, je me suis retrouvé à l’Olympia. Sur scène : The Jimi Hendrix Experience.

Si le fil exact des événements s'est un peu estompé, une certitude demeure : j'avais chargé une pellicule Tri-X dans l'appareil. Les rares clichés retrouvés des années plus tard sont devenus le point de départ d'une autre mémoire. Une mémoire faite d'ombres, de lumière et d'argentique dans laquelle je replonge aujourd’hui, et que je m’apprête à vous dévoiler.

Les Contes de la Montagne

À la même époque, mon père s’était lié d’amitié avec l’un des derniers bergers de la vallée des Trois-Évêchés, près de son chalet de La Foux d’Allos. Un jour, il me demanda de l’immortaliser avec l'homme et ses moutons dans ce paysage de montagnes.

L’un de ces clichés devint la pochette de son album, Les Contes de la montagne pour les enfants de la plaine.

Voir ma photo imprimée pour la toute première fois fut une révélation. Entre la fierté de la publication et la magie de l’image retenue, mon amour pour la photographie argentique venait de naître pour de bon.

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