Iggy Pop 1979
Pendant de nombreuses années, j’ai photographié la musique — du rock le plus brut à la musique classique. Jamais sur commande, toujours guidé par la passion. Dans l'intimité du laboratoire, je développais mes films et réalisais mes propres tirages avant d'aller les proposer aux magazines spécialisés.
Fun House a toujours occupé une place particulière pour moi. Au-delà du monument qu'il représente dans la discographie des Stooges, cet album reste viscéralement lié à mon adolescence et à mes souvenirs de 1970, partagés avec Olivier Legrand et son frère Benjamin Legrand.
J'ai eu l'occasion de photographier Iggy Pop à deux reprises : au Palace et à Pantin. De ces concerts, me reste le souvenir spectaculaire d'Iggy escaladant le mur d’amplificateurs pour se suspendre dans une demi-bulle transparente. La tête en bas, il continuait de chanter sans faiblir, porté par le solo de Jackie Clark — une attaque incisive, directe et tendue, parfaitement ajustée au rythme puissant insufflé par Glen Matlock, Scott Thurston et Klaus Krüger.
Pourtant, les films ne portent aucune annotation, aucun repère. Impossible de déterminer avec certitude dans quelle salle ni lors de quel concert exact a été prise cette image originale, celle-là même qui est devenue la matière première d'une série de quatre peintures. Une démarche plastique similaire à celle engagée sur mes clichés de Frank Zappa, eux aussi réinventés par le pinceau des décennies plus tard.
Quatre variations, quatre pièces uniques qui, pour l'instant, attendent encore d'être adoptées.
Acrylique et transfert d’image sur toile 90 × 90 cm
Acrylique et transfert d’image sur toile 90 × 90 cm
Les photographies présentées dans cet article sont issues d'un reportage complet comprenant plusieurs dizaines de clichés. Pour toute demande de consultation d'archives, de tirages d'art ou de droits de reproduction professionnels, vous pouvez me contacter ici
Earth, Wind & Fire 1982
Lorsque j’ai appris qu’Earth, Wind & Fire était à Paris, j’ai foncé chez leur maison de disques pour obtenir un pass photo. Refus catégorique. On me ferme la porte au nez sous un prétexte quelconque. Qu'à cela ne tienne. Sachant le groupe logé au Concorde Lafayette, je décide de m'y installer.
Du Concorde Lafayette à la scène de Wembley
Lorsque j’ai appris qu’Earth, Wind & Fire était à Paris, j’ai foncé chez leur maison de disques pour obtenir un pass photo. Refus catégorique. On me ferme la porte au nez sous un prétexte quelconque.
Monty White sous la statue de la Victoire de Samothrace et Maurice White avec une amie. Concorde Lafayette. Paris.
Qu'à cela ne tienne. Sachant le groupe descendu au Concorde Lafayette, je décide d’aller à leur rencontre. Pendant trois jours, je squatte le lobby. Dès qu'un musicien ou un technicien passe, j'engage la conversation, je tire quelques portraits... Petit à petit, la magie opère : la bande m'adopte et m'invite au concert.
Le soir venu, le responsable de la maison de disques qui m’a refusé le pass est là. Il me regarde médusé franchir tous les barrages de sécurité un à un, alors que lui reste bloqué derrière les barrières qui mènent derrière la scène.
Après le show, direction Joe Allen aux Halles, leur cantine parisienne. L'aventure aurait pu s'arrêter là, mais le groupe me lance alors une invitation : traverser la Manche avec eux pour leur concert à la Wembley Arena.
À Wembley, le rêve continue. J'ai quartier libre en backstage et, privilège ultime, je suis le seul photographe autorisé dans le pit pendant tout le concert — au grand dam d'un service d'ordre britannique passablement furieux de voir que c’est un français à cette place !
Earth wind & fire salut de fin de concert
Après le concert, la fête se prolonge dans un club londonien et Monty White me glisse simplement avec un clin d'œil : « Enjoy yourself! »
Il y aurait encore tant à raconter sur ces jours hors du temps, mais un blog demande d'aller à l'essentiel. À l'époque, je n'avais pas d'agence, et les photos prises durant cette folle traversée n'ont jamais été publiées. Elles sont restées là, préservées, attendant le moment venu pour refaire surface — tout comme mes séries sur Iggy Pop capturé au Palace et à Pantin, dont je retrouve quelquefois la trace dans la presse de l'époque.
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Les photographies présentées dans cet article sont issues d'un reportage complet comprenant plusieurs centaines de clichés. Pour toute demande de consultation d'archives, de tirages d'art ou de droits de reproduction professionnels, vous pouvez me contacter ici