J'ai construit mon parcours au croisement du son, du rythme et de l'image. Dès 1970, je m'immerge dans la musique comme bassiste au sein du groupe underground Fille qui mousse, dans sa première mouture créé par Henri-Jean Enu à la guitare, Benjamin Legrand au clavier et Olivier Legrand à la batterie puis comme ingénieur du son au mythique studio Davout. La musique devient ma première passerelle vers la photographie et je commence à immortaliser la scène jazz et blues pour la presse internationale.

Présenté par le cinéaste Chris Marker à Marc Riboud, je deviens l'assistant de ce grand photographe. À ses côtés, je me forme à la rigueur et j'apprends l'art de voyager des photos-reporters indépendants.

De la traque des œufs de Fabergé aux derniers concerts d'Yves Montand à l'Olympia, je suis Rostropovitch à Moscou, l'Orchestre de Paris aux États-Unis, ou Earth, Wind & Fire à Londres. Je capture les dromadaires sauvages dans le bush australien, le requin-tigre sur la Grande Barrière de corail, je traque les crocodiles avec les Aborigènes du Queensland et je pose un regard complice sur le faussaire David Stein. Mes voyages me mènent des allées du jardin du Luxembourg aux horizons du Japon, une terre d'attache où je reviens sans cesse.

J'aime entrelacer la tradition avec les outils numériques les plus récents.

À l’orée des années 2000, j’ajoute des pinceaux à mes Leica et commence à créer des séries d’œuvres en utilisant des techniques de report d’images par procédés artisanaux de sérigraphie. Une approche née de mon intérêt pour Andy Warhol, que j'avais découvert en m'intéressant au travail du faussaire David Stein, connu pour ses collages faux Warhol 1960.

À travers mes œuvres je crée un dialogue entre les époques et continue de traduire ma réalité, entre mémoire photographique et création graphique.

Stéphane Korb au Japon, guitare à la main sous un torii. Porte d'entrée de la biographie, du parcours d'artiste et des motivations de Stéphane Korb.